Archive de la catégorie «Bienvenue au département de calligraphie»

Le satori

août 2, 2009

Il y a un moment qui compte dans la vie de tout historien de la calligraphie.
C’est celui où l’on arrive enfin à retenir et prononcer Edafunayamakofunshutsudodaitômei.

Calligraphes je vous aime (moi non plus)

mai 22, 2008

Au début, c’était le rêve. Plus de cours infernaux en japonais. Plus de calligraphies affligeantes à produire devant tout le monde (et à terminer chez soi tard dans la nuit après les avoir recommencées 40 fois). Plus de séances de critique mutuelle.

Et puis, ça a commencé à me manquer. J’ai d’abord constaté que mon japonais dégringolait (comme quoi c’était possible de tomber encore plus bas). Ensuite, j’ai un jour réfléchi que ma pratique calligraphique avait été divisée par 8, et qu’il y avait des tas de domaines que je ne travaillais plus.

Du coup cette semaine, je suis retournée à la fac. Et là, accueil triomphal. Je retrouve plein d’amis. Il y a de nouvelles personnes sympa qui me parlent du premier coup. Mon directeur me couvre de compliments devant tout le monde et fait de son mieux pour m’intégrer dans la conversation.

Mieux vaut tard que jamais, mais…

Les gars, je repars dans 6 semaines, vraiment, vous n’auriez pas pu le faire plus tôt?????????

O-miai (2)

janvier 28, 2008

Lors du séminaire de lundi dernier, la question de mon mariage avec un Japonais est revenue en force, vue cette fois par les étudiants (avant que le prof n’arrive).

Quelqu’un, quelque part, a dû percuter sur mon âge entre temps, car je suis désormais à l’évidence censée m’accoupler avec des profs. A moins que ce ne soit le syndrôme de la patate chaude: les étudiants me voient plutôt avec des profs, et les profs plutôt avec des étudiants.

Apparemment, *** se serait enquis de savoir si j’étais déjà mariée. Je précise qu’il me voit en moyenne 3 fois par semaine depuis octobre 2006, et a donc eu d’après mes calculs environ 48 fois l’occasion de me poser la question.

Persuadée qu’il était déjà casé, j’ai très mal embrayé sur ce coup-là, mais passons, ce fut du moins l’occasion d’une discussion comparative passionnée sur tous les profs masculins de la section Arts.

En tout cas, je constate que, contrairement aux profs — qui ne faisaient guère que jouer au jeu des 7 familles — les étudiants ont derrière leurs projets matrimoniaux une vraie stratégie à long terme: “Et puis, tu te rends compte, si elle épousait Untel, on aurait enfin une salle de recherche bien rangée”.

A part mon âge, il leur reste à l’évidence beaucoup à apprendre à mon sujet (notamment le fait que, a priori, j’utilise les salles de recherche pour faire de la recherche plutôt que du ménage), mais je n’ose pas leur ôter toutes leurs illusions d’un coup.

Tu dormiras quand tu seras compétitive (2)

janvier 17, 2008

Je râle copieusement contre les cours intensifs du département de calligraphie, qui sont certes passionnants, mais qui dévorent tout ce qui ressemble de près ou de loin à un week-end.

Sauf qu’au département de peinture japonaise, ils ont leurs cours intensifs le jeudi soir de 17h à 23h.

Tu dormiras quand tu seras compétitive (1)

janvier 17, 2008

C’est la période frénétique de pré-exposition. Une étudiante voudrait bien refaire sa calligraphie, histoire de perfectionner le déjà parfait. Seulement après, elle n’aura plus le temps de l’amener à l’atelier de montage avant la date limite.

Un de ses camarades la rassure: “Pas de problème. Il est 19h, tu as 14h devant toi. L’atelier ouvre à 9h, tu auras juste le temps d’amener ta calligraphie avant d’aller en cours”.

Seule une gaijin aurait pu avoir l’idée saugrenue de caser dans ce laps de temps 8h de sommeil et 2 repas.

La calligraphie nuit gravement à la santé (mentale)

janvier 16, 2008

Dans la nuit du 2 janvier, il faut soigneusement noter ses rêves, qui indiquent la tendance de l’année à venir. Ca s’appelle le hatsuyume, le premier rêve de l’année.

J’ai rêvé que je n’arrivais pas à finir mes oeuvres à temps pour l’expo.

Le professeur I*** a rêvé qu’il était invité à un colloque en Chine ou en Corée et que, arrivé à l’aéroport, il se rendait compte qu’il n’avait pas son passeport.

Dans mon cas, j’ai réussi à surmonter la prédiction et à finir à temps (mais les oeuvres vont peut-être se désintégrer d’ici l’expo???). Quant au professeur I***, il s’est souvenu qu réveil que, n’ayant jamais été amené à voyager à l’étranger, il ne possédait pas de passeport.

La malédiction expositoire

décembre 29, 2007

Il en va des expos comme des colloques. Quand on vous les propose, c’est loin, vous avez le temps, et vous débordez de projets grandioses (en l’occurrence, vous annoncez crânement: “Pas de problème, je vous refais la fresque de la chapelle Sixtine. Et avec ça, vous prendrez un cappucino?”).

Et puis un beau matin… Non, en fait, c’est un matin complètement affreux, vous vous réveillez, la date limite de remise des oeuvres est dans 15 jours, votre frère arrive demain, tout ce que vous avez calligraphié le jour se transforme en gribouillis la nuit, et où trouver un cappucino dans l’archipel?

Comment résoudre la crise des arts traditionnels

novembre 17, 2007

La calligraphie, ce n’est plus ce que c’était, attendu que les jeunes, ma bonne dame, préfèrent s’envoyer des textos au lieu de travailler pendant 15 ans le maniement du pinceau.

Pour la peinture japonaise de type nihonga, la situation est encore pire. Elle n’est pas enseignée dans le système scolaire (la calligraphie l’est encore), le papier et les pigments sont hors de prix, et c’est une pratique qui ne sert strictement à rien (la calligraphie, à la rigueur, permet d’écrire classieusement son nom au pinceau sur les registres dans les mariages, enterrements et autres expositions).

Sauf que les petits malins du nihonga ont trouvé la solution. Dans notre fac, le prof est super canon, djeun, look branché, etc… Dès qu’il ouvre la bouche, il faut emporter 3 étudiantes en pâmoison, ses sours sont pleins, les étudiants sont à trois par chaise et il va falloir envisager, dans un proche avenir, une délocalisation au stade olympique.

L’expo de calligraphie

novembre 13, 2007

Ne nous méprenons pas, j’ai quand même participé à une expo au mois de juillet. Mais comme j’étais encore une newbie, bien loin qu’on me le propose, j’avais dû humblement demander.

Puis suer sang, eau et encre, parce que l’expo avait lieu 15 jours après ma soutenance et que j’avais fini l’oeuvre dans l’urgence et les affres du décalage-horreur (mes camarades sont bien gentils de m’avoir déjà pardonné le résultat).

Avant de me rendre compte que ce n’était pas la peine de me fatiguer, parce que tout ce que les gens regardent, c’est l’étiquette avec le nom occidental.

Cette fois, j’ai décidé, je n’expose que l’étiquette.

Le Jour

novembre 13, 2007

Aujourd’hui est le Jour.

Où j’ai été spontanément invitée par mes camarades à participer à l’expo du mois de janvier.