Archives pour juillet 2009

L’éclipse de soleil (remboursez!!)

juillet 23, 2009

Hier était un jour important: il s’est produit une éclipse de soleil telle que l’on n’en avait pas vue au Japon depuis 46 ans. L’éclipse était totale à Okinawa, et aux 7/10 environ à Tôkyô.

Le matin, la télévision nous avait bien expliqué ce qui allait se produire, à savoir une scène d’apocalypse. Les ombres allaient être en forme de croissant. Il ferait sombre comme au coucher du soleil. Les animaux, croyant que la nuit était venue, s’endormiraient brutalement.

Je me félicitais déjà d’être là juste au bon moment, mais je n’ai rien vu à Tôkyô, rien. Et pourtant j’ai scruté. Le ciel est resté nuageux comme d’habitude, et les quelques ombres imperturbablement rectilignes. Pour que le soleil puisse s’éclipser, il aurait déjà fallu qu’il apparaisse.

Simplement, je note effectivement que pendant 1h environ il a fait frais, sans humidité, on respirait bien. Et ça, en plein mois de juillet, je veux bien croire que c’était la première fois depuis 46 ans.

Comment lire un article universitaire au Japon

juillet 23, 2009

L’auteur se doit, dès l’abord, de remercier l’honorable Professeur Schmulleschmu qui lui a permis de faire cette communication / proposer cet article.

Les lecteurs dont vous sollicitez l’avis commencent donc par regarder le nom de l’auteur (est-ce qu’il le connaît? Est-ce que, possiblement, ils ont fréquenté la même université? Qu’a-t-il fait depuis?), puis le nom du professeur remercié.

Ensuite de quoi, sans un regard pour le contenu, ils vous disent si l’article vaut la peine d’être lu ou pas.

Les Françaises à Tôkyô

juillet 23, 2009

… ont des décolletés en moyenne 20 cm plus profonds que ceux qu’elles arborent en France.

Le mystère de Waseda

juillet 21, 2009

Il est peu de Japonais aussi profondément désagréables que le personnel de Waseda, déjà précédemment évoqué en ce blog. Le reste de l’archipel est prêt à se mettre en quatre pour aider le gaijin égaré, le remettre sur la voie, lui permettre de trouver la personne qu’il cherche.

A Waseda, on sent que s’ils pouvaient appuyer sur la touche “eject”, ils le feraient dans l’instant. Et contrairement au reste de leurs compatriotes, ils ne font même pas semblant d’être polis.

Ceci, je précise, jusqu’à ce que l’ont ait trouvé la bonne personne et obtenu le bon tampon, car alors tout s’améliore.

Qu’ils aient eu, occasionnellement, affaire à des resquilleurs, cela se conçoit. Mais ce qui me plonge dans la plus profonde perplexité est qu’il s’agit, malgré tout, d’une bibliothèque universitaire de recherche, qui n’est pas a priori le genre d’endroit où le commun des mortels va se ruer pour le plaisir.

Or à voir la férocité avec laquelle ils en défendent l’accès, on jurerait qu’il s’agit d’une annexe de Disneyland ou du service mémorial de Michael Jackson, et que les meutes avides trépignent l’écume aux lèvres, prêtes à rompre les barrières. Japon, terre de culture…

Au clair de la lune

juillet 21, 2009

21h30.

Juchés sur leur échafaudage, les ouvriers s’activent. La boutique a fermé à 20h, et suite à un changement de propriétaire, il faut renouveler toutes les enseignes à temps pour l’ouverture demain matin.

Dérèglement climatique

juillet 21, 2009

Depuis mon arrivée

-j’ai vu 58 cm2 de ciel bleu, et même une fois tout un coucher de soleil.

-j’ai dormi une nuit sans air conditionné, et ce soir, je dirais qu’on supporte une laine.

-il y a eu 3 courants d’air, dont 2 seulement ont été suivis par l’arrivée du métro.

Bref, l’été japonais n’est plus ce qu’il était.

Je me fais draguer

juillet 20, 2009

Par quelqu’un qui n’est même pas ivre, et qui n’est pas non plus un clochard unijambiste en manque désespéré (note de l’auteur: il faut au moins les trois à la fois pour qu’un Japonais flirte ouvertement avec une étrangère).

Non, non, il est grand, baraqué, plutôt beau gosse, avec des fossettes. Et il a du mérite, parce que je suis en tablier et plongée jusqu’aux coudes dans une bassine de fibres de mûrier. Ce qui, par la même occasion, m’empêche d’ailleurs de profiter de la situation comme il conviendrait…

Il me dit bonjour, rentre dans la boutique, ressort, me demande d’où je viens, rerentre, achète trois fois des cartes postales, reressort et me dit: “Votre visage m’est familier. Vous n’êtes pas passée à la télé?”

Jackpot. Glinglinglinglingling.

Je fonds, je rayonne, je me rengorge, je me pavane, et on m’entend roucouler jusqu’à Haijima. Ou plutôt, on m’entendrait, si je ne remarquais pas dans la foulée que cela fait 10 mn qu’il nous observe, ma co-stagiaire et moi, trimballer de lourdes bassines d’eau sans faire un geste pour aider.

Ô mignon mortel au charmant sourire, apprends à tes dépends que les Françaises sont des pestes féministes aux exigences perpétuellement inassouvies. Mais sois béni jusqu’à la 7e génération pour m’avoir fait, un très fugace instant, ressentir ce que peut être la situation des Occidentaux mâles dans ce pays. Et merci de m’avoir montré que, contrairement à ce que j’affirme fielleusement depuis octobre 2006, ça ne marche pas toujours dans le même sens.

Les dents de la terre

juillet 20, 2009

On me fait observer — ce que je n’avais jamais observé auparavant — que les fourchettes françaises sont différentes de celles que l’on trouve au Japon. La fourchette française a les dents plus longues.

L’existentialo-nationalisme

juillet 20, 2009

J’entends quelqu’un évoquer l’époque (certes lointaine) où ce qui constitue actuellement la Corée rattachait le Japon au continent.

Une autre personne s’interroge immédiatement: “Mais si la Corée et le Japon étaient toujours rattachés, nous, on serait quoi??”

Le pays de la nuit tombante

juillet 17, 2009

Cette appellation serait, à mon sens, infiniment plus appropriée que celle de Pays du Soleil Levant.

Surtout en cette saison.

Certes, il est indéniable que le jour se lève plus tôt que chez nous, mais l’effet en est beaucoup moins stupéfiant que cette nuit qui tombe à l’heure de l’apéro. Une nuit douce, veloutée, protectrice et à nulle autre pareille.