Archives pour janvier 2009

Comment lire l’avenir dans le passé

janvier 31, 2009

Le blog, c’est l’anti-horoscope.

A la date d’aujourd’hui (février 2009), l’horoscope permet de savoir ce qui vous arrivera l’année prochaine en février 2010.

Le blog, lui, permet en 2 clics et un coup d’oeil de savoir ce que vous avez fait, dit et pensé en février 2008.

Japoglais et franponais

janvier 31, 2009

Le franponais, si bien conceptualisé par mon collègue Yatto, c’est cette illusion linguistique qui fait croire aux Japonais que “Cucu”, “Cocue” ou “Colocue” sont des noms de marque top tendance à la dernière mode des Champs-Elysées.

Le japoglais, c’est l’équivalent infligé à la langue de Shakespeare. Il m’a fallu des mois pour comprendre que si le quai du train s’appelait “hômu”, c’était en fait l’abréviation de “platform”. De même, le sens du mot “iyahônu” m’a longtemps échappé, jusqu’à ce que je comprenne qu’il s’agissait d’ “earphone”.

Mais surtout, j’ai le souvenir d’un dîner entre étudiants à notre familess préféré (non, le familess n’est pas un roman d’Hector Malot, mais l’abréviation de ‘family restaurant’), lequel proposait une formule de boisson à volonté qui s’appelait ‘Drink bar’. Je demande donc: “Et avec le menu, je prendrai le drink bar”. Regard d’incompréhension totale de la serveuse. Zut, me dis-je, j’ai fait trop british, et je m’applique donc à reprendre à la japonaise: “Je prendrai le dorinkuba”. Elle ne comprend toujours pas. Je m’obstine, je tâtonne: “Dorinkubâ? Dôrinkuba? Dôrinkubâ? Durinkubâ?”. Devant le désarroi de la malheureuse, un de mes camarades japonais me tire d’embarras: “Elle voudrait simplement le dorinkubâ”. Ca a été radical, la serveuse a compris et s’est exécutée dans l’instant. Mais moi, j’ignore encore à ce jour le mystérieux secret d’intonation — imperceptible sans doute à l’oreille occidentale — qui a distingué sa prononciation de la mienne et déclenché l’opération du “Sésame, sers-moi à boire”.

Yoshimura Yôko (2): la soirée

janvier 31, 2009

 Il y a un autre point que j’ai trouvé fabuleux dans 『激しく家庭的なフランス人/愛し足りない日本人』, c’est l’évocation des soirées. Pour résumer grossièrement la pensée de l’auteur, elle explique que les Japonaises stressent trop sur les tâches ménagères. Les Françaises, au contraire, décrètent sur le coup des 19h que les corvées peuvent attendre, et se lovent sur le canapé à côté de leur chéri pour un apéritif en amoureux.

Non, la Française ne rentre pas du boulot à 19h, éreintée de s’être accrochée avec son patron, pour superviser au pas de charge les devoirs, le bain et le dîner des enfants, tout en balançant à son mari: “Tu as encore oublié de passer prendre le pain, mais combien de fois faudra-t-il que je te le répète?”. Noooooooooooooooon.

On se demande bien pourquoi tous les Occidentaux sont si pressés de se trouver des copines japonaises, tiens.

Yoshimura Yôko (1): le marché

janvier 31, 2009

Il y a quelqu’un que j’adore encore plus que Nakamura Eriko, c’est Yoshimura Yôko. J’ai dévoré 『激しく家庭的なフランス人/愛し足りない日本人』, avec plus d’enthousiasme encore 『お金がなくても平気なフランス人/お金があっても不安な日本人』 — livre que je me suis malheureusement fait voler avant de l’avoir terminé. J’en suis inconsolable, mais j’espère que sa nouvelle lectrice en aura profité autant que moi.

Il y aurait, il y aura, j’imagine, maints post à écrire sur ces ouvrages, mais commençons par un point qui me réjouit entre tous, c’est l’évocation du marché.

Dans les livres de Yoshimura Yôko, les Français ne font pas leurs courses à Carrefour, ils vont au marché avec leurs enfants. Ils achètent pleins de produits frais et savoureux, puis ils prennent le temps de les cuisiner en famille, avant de faire un bon repas du dimanche (sans oublier de préparer les plats pour la semaine).

Dans les marchés de Yoshimura Yôko:

-Il ne pleut jamais.

-Les maraîchers ne vous arnaquent pas en vous collant 3 tomates pourries sous les deux mûres à point.

-Les enfants ne font pas de caprice, et en rentrant, ils aident leurs parents à ranger les courses.

-Il n’y a jamais de bousculade.

-Le panier n’est jamais trop lourd, les sacs plastiques ne cisaillent pas les doigts, et le sac papier ne craque jamais (répandant ses 78 cerises sur la chaussée).

-Le marché est juste à côté de la maison, pas à l’autre bout du quartier ou de la ville.

Moi, je ne vais pas au marché. Je vais chercher, à l’épicerie la plus proche, des légumes surgelés qui sortent de leur sac fraîcheur déjà lavés, épluchés, tranchés.  Parce qu’ainsi, je gagne un temps précieux qui me permet, sitôt la corvée de cuisine expédiée, d’aller me vautrer sur le canapé pour lire les fabuleuses descriptions de marché de Yoshimura Yôko.

La répartition des tâches

janvier 31, 2009

Situation de base: soit un couple qui prépare et prend son dîner.

France: la femme sort du réfrigérateur de la viande et des légumes. Elle fait revenir le tout à la poêle. Temps de préparation: 15 mn. Vaisselle: 2 assiettes et 2 couverts. Répartition: son mari met la table et essuie la vaisselle.

Japon: la femme sort du réfrigérateur de la viande et des légumes. Elle les fait bouillir, braiser, sauter, revenir selon les cas, et les dispose dans des petits bols différents pour accompagner le riz. Temps de préparation: 2h. Vaisselle: 3 poêles et 18 bols. Répartition: si elle a de la chance, son mari pense à jeter son cure-dents avant de sortir de table.

Les pièges du japonais

janvier 31, 2009

Le japonais est une langue bien traîtresse. Le noritake n’est pas une catégorie de bambou (take), pas plus que hittakuri ou le bottakuri sont des variétés de châtaignes (kuri), ou l’ikemen une sorte de nouille (men).

Le trou du c… du monde??

janvier 31, 2009

C’est avec fascination que je découvre sur la carte, au large de Hokkaidô, l’île parfaitement bilingue d’Okushiri (shiri voulant dire “derrière”).

Que faut-il voir à Hiroshima?

janvier 9, 2009

A Hiroshima, les touristes se précipitent vers les lieux de commémoration de la bombe atomique. Les plus audacieux poussent jusqu’au château ou au Shukkei-en, et les aventuriers patentés se risquent à Hijiyama.

En vérité, en vérité, je vous le dis, tout cela est très surfait.

Ce qu’il faut VRAIMENT voir à Hiroshima, c’est le parking futuriste du CRED, imaginé par Robert Silverberg en hommage à tous ses frères automobilistes lassés de se demander à quel étage ils ont bien pu laisser leur véhicule.

Le principe est simple. On gare sa voiture dans un box vitré, qu’un employé en gants blancs referme ensuite à clé. La voiture est alors entraînée sur un tapis roulant vers les entrailles du bâtiment. Au retour, on tape son code à l’entrée du box, et un monte-charge vous délivre votre véhicule.

Merveilleux. Mais il faudra sans doute, dans quelques décennies, imaginer un parking futuriste à étages pour les automobilistes lassés de se demander où ils ont bien pu laisser le code leur permettant de récupérer leur voiture.

Itsukushima-jinja

janvier 9, 2009

De passage à Hiroshima, j’en profite pour aller voir Itskushima-jinja, l’un des 3 lieux les plus célèbres du Japon. Vous savez, ce tori-i planté dans la mer qu’on voit sur toutes les brochures touristiques.

Dans le bateau qui me mène vers l’île, j’attends, frémissante d’émotion et l’appareil photo aux aguets, de voir se dessiner entre mer et montagne le portique sacré.

Pour constater que les Japonais, fidèles à leur fidélité à eux-mêmes, ont collé un bâtiment en béton juste derrière.

 

Pour constater que les Japonais

Les monuments an-historiques

janvier 9, 2009

Les Japonais sont les champions du monde de la reconstitution (même si je soupçonne les Chinois de leur faire une concurrence sérieuse). Ils ont, les malheureux, quelques excuses, entre les tremblements de terre, les guerres, les typhons, et l’influence bénéfique de l’Occident, qui a apporté les lumières de sa civilisation en rasant jusqu’au sol un bon nombre de villes.

Si les monuments anciens sont rares, cette pénurie est compensée par des reconstructions à l’identique, qui sont ensuite abondamment farcies et fourrées de maquettes, plans, photos ou estampes et autres animations en 3D donnant au visiteur une idée de ce qu’il aurait dû ou pu voir si…

Hiroshima la balafrée est un modèle du genre: on y trouve aussi bien un jardin chinois de l’époque d’Edo datant de la fin des années 40, qu’un château d’époque Muromachi construit en 1958.

Ne négligeons par pour autant le château d’Osaka dont le donjon, achevé en 1585, offre donc historiquement le premier exemple d’ascenseur, antérieur même à celui du château de Nagoya (1612).