Archives pour avril 2008

Les rizières ont fait le printemps

avril 22, 2008

En me rendant au cours de calligraphie, samedi, je constate que les rizières, qui ressemblaient à des champs labourés depuis l’automne, sont à nouveau en eau.

La plupart sont encore comme d’immenses miroirs tendus vers le ciel. Quelques unes sont déjà piquetées d’un mince pointillé vert clair (qui ressemblera dans deux mois à un gazon anglais, et dans quatre à une jungle tropicale).

Ce qui suscite en moi la question inverse de celle de l’automne: “Comment font-ils pour remettre l’eau?”

Ma première hypothèse est que des bénévoles ou des emplois-jeunes font la chaîne depuis la Sumida avec des arrosoirs.

Mais une scrutation perçante me révèle — moins poétiques mais plus réalistes — d’étroits canaux cachés dans les digues en terre qui entourent les rizières.

Vue de ma fenêtre, 5h du soir

avril 22, 2008

Dans le fouillis des toitures

Endormi

Un chat.

FCUK

avril 18, 2008

Oui, le terme japonais fukku est bien la transcription d’un mot anglais.

Mais non, ce n’est pas ce que vous pensez, bande de pervers.

Ca veut dire “crochet” (hook).

Ca fait longtemps qu’on n’a pas eu de tremblement de terre…

avril 18, 2008

…remarquais-je à part moi il y a quelques jours.

Aussitôt dit, aussitôt fait, un bon gros il y a 2 nuits vers 4h du matin.

Le problème du tremblement de terre est qu’on ne sait jamais pendant si ça va se calmer ou empirer. Je restai donc sur les starting-blocks, et là, je mesurai toute l’étendue du désastreux mobilier qui m’entoure.

En cas de vraiment gros tremblement de terre, il faut se réfugier sous une table ou un bureau, de préférence avec un coussin sur la tête et une bouteille d’eau à portée de main. Dans mon ancienne chambre, c’était d’une logique imparable, et sous mon bureau massif j’aurais pu aménager tranquillement une studette-cuisine pour attendre les secours.

A l’abri de la fragile table genre Ikea dans ma nouvelle chambre, tout ce que je peux attendre en fait de protection est que le ciel et mon ordinateur me tombent sur la tête.

Du coup je me suis recouchée.

 

Ma nouvelle chambre, 8h du soir

avril 13, 2008

L’organisation du bâtiment est à peu près la même que celle de la Cité U que je quitte: une chambre individuelle, avec cuisine et salle de bains communes.

Et pourtant, c’est un autre monde.

La Cité U était, à tout point de vue, un bâtiment conçu pour les études. Chaque chambre comportait ainsi un bureau réglementaire, de dimensions respectables, et muni d’innombrables tiroirs. Les salles communes comportaient par ailleurs une salle d’étude, bénédiction du chercheur qui pouvait y côtoyer ses frères de souffrance après une journée solitaire en bibliothèque. Ici, la minuscule tablette indique clairement que les gens ne se perdent pas en activité intellectuelle dans leur chambre.

Par conséquent, le public est différent. Je n’ai pas encore discuté avec tous les colocataires, mais il me semble d’ores et déjà qu’une majorité d’entre eux travaille. Cela me vaut, de leur part, un aperçu imprenable sur les entreprises japonaises, monde dont j’ignore pratiquement tout. Et cela leur vaut de la mienne une compassion sans bornes pour l’obligation où ils sont d’utiliser quotidiennement les formules de politesse.

Par public différent, il faut comprendre aussi une différence géographique. La dominante est très nettement européenne, plutôt que d’être marquée Asie-Pacifique. Bingo, il y a d’ailleurs deux autres Françaises. Sympa de surcroît, c’est à peine si j’ose y croire. L’élément le plus déroutant pour moi dans ce nouvel environnement est de pouvoir parler ma langue en rentrant à la maison. C’est la première fois en 18 mois.

Ma nouvelle chambre, 8h du matin

avril 13, 2008

Je suis qui?

Et surtout, je suis où?

Je ne pourrais pas dormir 2h de plus?

Il y a une bouilloire?

Est-ce que je dois vraiment faire mon déménagement aujourd’hui?

Les tasses et les cuillères, elles sont en commun ici?

Quand est-ce que je dois prendre mon tour pour sortir les poubelles?

A quelle heure faut-il que je parte pour être à 10h à Gakugei?

SDF de luxe

avril 13, 2008

Je suis dans l’avion.

Je ne connais pas encore la chambre où je dormirai ce soir.

Je n’ai plus d’adresse officielle ni en France ni au Japon.

Il y a une semaine, j’ai dit au revoir à tous mes amis. Pour plusieurs d’entre eux, je sais d’avance que je ne les reverrai jamais.

Mes affaires sont dispersées dans 5 endroits différents, sur 2 continents. Moi-même, d’ailleurs, je finis par ne plus très bien savoir où est quoi.

Je n’emporte, pour tout signe d’appartenance, que la clé de la seule maison qui me reste: la salle de recherche à Gakugei.

 

“Parle japonais”

avril 13, 2008

Une des choses que me demandent tous ceux que je revois depuis mon départ au Japon est: “Dis-nous quelque chose en japonais, juste pour voir comment ça fait”.

Mais, malheureux, quiconque rentre en France pour les vacances n’a qu’une seule envie: ne surtout pas parler japonais.

Sécurité aérienne

avril 13, 2008

Mes doutes avaient commencé lors d’un voyage aux Etats-Unis, où la compagnie interdisait strictement ciseaux, compas et limes à ongles (ah, l’attentat à la lime à ongles…) avant de distribuer, au moment du repas, fourchettes et couteaux en métal.

Ils s’étaient quelque peu accentués lors de mon retour en France, sur une compagnie qui interdit la redoutable bouteille d’eau minérale, mais autorise désormais ses passagers à emporter, en plus d’un spray de 10 ml, un briquet par personne. Pour celles qui voudraient s’épiler au micro-lance-flammes pendant le vol?

Mais ce qui me laisse le plus perplexe est encore la police de l’air et des frontières à l’aéroport de Copenhague. Elle effectue des inspections surprise dans le salon d’embarquement, fouillant minutieusement le corps et les bagages de passagers pris au hasard, non sans leur demander au préalable: “Vous êtes Danois?”

Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée du blog

avril 12, 2008

Pendant que l’auteur tentait désespérément de récupérer ses esprits et 6 mois de sommeil en retard…