Le retour du colloque

By adilor

Mon séjour à Gakugei se termine comme il a commencé: par un colloque à Waseda.

C’est l’occasion de me réjouir: je ne confonds plus “prosternation” et “abri anti-aérien”.

Mais aussi de m’affliger: d’abord, comme la communication porte sur la calligraphie, il n’est question ni de l’un, ni de l’autre. Ensuite, même si j’ai l’impression de mieux suivre, il y a quand même des moments où, affairée à démêler l’écheveau des formules de politesse, je perds le fil de l’exposé. Et heureusement aussi qu’il y a Powerpoint avec des images.

Surtout, je me rends compte qu’il s’écoulera environ 250 ans avant que je puisse moi-même participer à un colloque de ce type. Non seulement à cause des redoutables formules de politesse mentionnées ci-dessus, mais surtout à cause du coup de Jarnac: les questions, qui peuvent se diviser en deux catégories.

-L’interlocuteur commence par “Ce n’est pas vraiment une question, simplement quelques pensées éparses”. S’ensuit alors une phrase de 20 mn, avec quadruple subordonnée recombinante, qui se conclut par “J’aimerais connaître votre avis”.

-L’interlocuteur commence par “Je ne suis absolument pas spécialiste de votre domaine, et je souhaiterais juste poser une question de néophyte”. Comme: “Pour le 28e caractère de la stèle, vous connaissez certainement l’interprétation du professeur Schmulleschmu, qui a postulé en 1948 qu’il s’agirait en fait du radical Bla employé dans le quart nord-ouest du Sechuan. Pensez-vous que cette théorie soit toujours d’actualité?”

Comme il n’y a pas Powerpoint pour les questions, je n’ai pas compris la moitié d’entre elles. Et si jamais il m’échoit un jour la triste responsabilité de communiquer au Japon, je me dis qu’il faudra non seulement un Traduiseur-de-Questions, mais aussi un Donneur-de-Réponses. Egalement appelé Répondeur (“Je ne suis pas là actuellement, mais laissez votre message après le bip sonore”).

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