Archives pour mars 2008

Mary Poppins (2)

mars 28, 2008

Hyon Suk, ma copine coréenne, vient de déménager, sortant de sa chambre qui fait la même taille que la mienne (soit environ 10m2 en comptant les toilettes) approximativement:

-18 cartons de vêtements

-le triple de maquillage

-75 paires de chaussures

-5 étagères à livres

-Deux fois autant de boîtes de rangement

-Suffisamment d’ustensiles de cuisine pour monter un restaurant.

-Matelas, couette, couvertures, etc…

Quand je dis que les Coréennes ne sont pas soumises aux mêmes lois de la physique que nous.

Les démarches du déménagement

mars 26, 2008

Attention, hein, le déménagement, ce ne sont pas seulement les cartons, mais aussi les démarches, à la poste, à la banque et j’en oublie.

Tout ça est bien compliqué, entre changement d’adresse et changement de statut, mais c’est l’occasion d’admirer l’administration japonaise dans sa pleine splendeur: les employés sont polis, souriants, disent bonjour, font même à l’occasion des efforts pour parler anglais, ne peuvent pas toujours vous donner satisfaction, mais en tout cas ne vous font pas revenir 3 fois parce que le chef de service est en déplacement / RTT/ pause déjeuner.

Les cerisiers 2008

mars 26, 2008

Les informations dans le métro annonçaient crânement la floraison des cerisiers au Shinjuku Gyoen pour le 23 mars.

“2012″ ai-je ajouté à part moi, car je voyais mal comment quoi que ce soit aurait pu fleurir dimanche par le froid sibérien qu’il fait.

Et bien, les cerisiers sont au Japon aussi ponctuels que les trains, et les fleurs se sont ouvertes au jour dit , pour ma plus grande stupéfaction.

Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête de ces arbres pour leur dire de fleurir quand la température est encore celle du mois de janvier? Peut-être que, tout simplement devenus fous, ils se prennent pour des pruniers?

Mais ce qui me surprend plus encore est de devoir, cette année, donner raison à Miroku-sama: en voyant les cerisiers en fleurs, impossible de ne pas être heureux. Je ne sais pas pourquoi, car je n’ai pas de raisons de l’être cette année davantage que l’an dernier. Et pourtant, devant l’explosion de fleurs blanches, je suis saisie d’une allégresse irrépressible. Peut-être tout simplement d’être encore au Japon pour voir les cerisiers fleurir?

Eriko Nakamura

mars 25, 2008

Mon amie Maki me fait découvrir les livres, mi-autobiographie mi-guide touristique, rédigés par l’ex-présentatrice de télévision japonaise Eriko Nakamura.

Paris se réduit à trois arrondissements (le 16e, le 8e et le 7e), et de toutes les boutiques dont elle parle, la seule où je sois jamais entrée est le cinéma Le Balzac.

La partie autobiographique me fait sourire. Ca a beau se passer à Paris, on saurait, même en français, que c’est écrit par une Japonaise. La trame de son séjour se résume ainsi: mariage –> naissance de ses enfants –> visites de sa mère après leur naissance. Et qui d’autre aurait l’idée de se faire prendre en photo dans la voiture qui l’emmène à la maternité???

Quant au contenu, ça donne à peu près: “Depuis mon mariage et ma venue à Paris, ma vie est devenue extrêmement simple et sobre. Je me lève, je passe plusieurs heures à jouer avec mes enfants, je me promène, etc…”.

Mais bon, peut-être que dans le volume 2, il y aura un chapitre vraiment rebelle sur le RER C aux heures de pointe?

Machistes jusqu’au bout

mars 25, 2008

A Matsuyama, le Lonely Planet vante un hôtel doté d’un onsen avec vue au 10e étage.  Ca vaut le coup non seulement de réserver mais de faire le voyage jusque là-bas. Pour s’apercevoir que le bain en question est celui des hommes. Les femmes, elles, doivent se contenter du 1er étage avec vitres dépolies.

Des filles qui déménagent

mars 25, 2008

Il faut avoir vu, au moins une fois dans sa vie, une Coréenne déménager.

Brushing, manucure, talons hauts, et hop, cette crevette de 32 kgs vous soulève un piano à queue avec une énergie qui ferait l’admiration d’un haltérophile bulgare.

L’anglais au Japon

mars 25, 2008

A part l’Ouzbékistan, il est difficile d’imaginer un endroit du monde où l’on parle moins anglais qu’au Japon.

Pourtant, il y a peu de pays, monde anglophone compris, qui consacrent davantage d’argent et d’énergie à l’enseignement de cette langue.

Sur la chaîne éducative de la NHK (ni satellite, ni cryptée, parfaitement accessible à tous) on compte en moyenne entre 4 et 6 émissions par jour, destinées à tous les âges et tous les niveaux. J’en ai regardé quelques unes, je peux garantir qu’elles sont ludiques, éducatives et parfaitement ciblées.

Dans le métro, sur les petits écrans télé qui ornent toute rame d’une ligne civilisée, il y a régulièrement des mini-cours d’une minute, pour que le salaryman harassé puisse néanmoins engranger sans trop d’effort intellectuel quelques mots utiles supplémentaires.

Ne parlons pas des écoles de langues, qui consistuent un business florissant, et couvrent là encore un large public, depuis l’écolier (qui, comme tous ses camarades, apprend l’anglais dès le primaire) jusqu’à l’homme d’affaires en passant par la femme au foyer.

Le Japon n’est pas toujours très gaijin-friendly, mais il faut reconnaître que, dans les lieux publics, la plupart des informations sont traduites en anglais.

Bref, si je voyais des kanji aussi souvent que les Japonais voient de l’anglais, je serais bilingue depuis longtemps.

Itte rasshai

mars 14, 2008

Au cours des deux dernières semaines, j’ai prononcé ou écrit au moins 8 fois la phrase “Itte rasshai”, en l’occurrence “Bon voyage”, puisqu’elle s’adressait à des gens qui partaient en vacances ou rentraient dans leur pays, plutôt qu’à ceux qui sortaient pour la journée.

Mais qu’importe, car aujourd’hui c’est mon tour. Après le cours de calligraphie, je prends le bus de nuit pour Matsuyama (Shikoku) sur les traces du poète Masaoka Shiki. Mon premier voyage depuis Hokkaidô.

Le White Day

mars 14, 2008

Aujourd’hui était le White Day, le jour où, un mois exactement après la Saint Valentin, les hommes doivent faire un cadeau aux femmes en échange de celui qu’ils ont reçu. Normalement quelque chose de blanc (fleurs, chamallows…).

Hélas, je suis entourée d’ingrats.

20 mn plus tard: ouf, pas d’ingrats mais simplement de gens distraits. Chic, mes chinsukô préférés d’Okinawa. Parfums chocolat, lait et fraise.

Les deux mamelles de la recherche

mars 14, 2008

On pourrait se contenter de la bibliothèque de l’université, mais on n’y trouve pas tout, et puis, ça fait un peu petit joueur. Heureusement, il existe deux temples où le chercheur peut se recueillir suivant les rites ancestraux.

-La bibliothèque de Waseda. Pour y parvenir, le chemin est semé d’embûches. Déjà, il faut connaître l’itinéraire jusqu’à la bibliothèque. A ma première tentative, j’ai passé près d’1h30 à la chercher. Ensuite, même lorsqu’on connaît les lieux, il faut réussir à passer sans faiblir devant 3 cafés, un (le??) cinéma d’art et essai, et une dizaine de boutiques de vêtements / chaussures / sacs à mains. Les braves qui ont survécu doivent ensuite trouver les moyens d’entrer. La carte n’est concédée, avec la plus extrême réticence, qu’à quelques happy few qui doivent supplier, implorer, et se livrer sur la personne du responsable des inscriptions à des attouchements que rigoureusement ma mère m’a interdit de nommer ici. Une fois admis, c’est le paradis. Livres en libre accès, plans, catalogue accessible d’un clic, explications en anglais, on pourrait s’y retrouver en étant aveugle et sourd. Avec ça, une ambiance club so British avec les pas feutrés par la moquette épaisse, les baies vitrées, et surtout, la presse occidentale, manne absolue qui, certes, plombe un peu la productivité de la recherche… mais qu’importe, car lorsqu’on aura fini Libé on trouvera une demi-douzaine de documents ahurissants qui feront avancer la connaissance humaine.

-la bibliothèque de la Diète. C’est l’inverse. Elle est à deux pas du métro, et la carte pour la journée, renouvelable autant qu’on le souhaite, s’obtient en 5 mn au distributeur automatique. Sauf que gaijin qui entrez ici, laissez toute espérance. Les livres doivent être demandés au guichet, après des manipulations qui exigent un DEA en informatique et l’agrégation de japonais. En effet, la cote n’entre jamais dans les cases indiquées, et sitôt que vous cliquez sur “aide”, l’ordinateur vous vomit un plein écran de locutions fleuries à triple subordonnée déterminante qui n’aident que ceux qui savent s’aider.

Allez, on y va quand même, pour l’incroyable déco intouchée depuis 1972.