Archives pour janvier 2008

O-miai (2)

janvier 28, 2008

Lors du séminaire de lundi dernier, la question de mon mariage avec un Japonais est revenue en force, vue cette fois par les étudiants (avant que le prof n’arrive).

Quelqu’un, quelque part, a dû percuter sur mon âge entre temps, car je suis désormais à l’évidence censée m’accoupler avec des profs. A moins que ce ne soit le syndrôme de la patate chaude: les étudiants me voient plutôt avec des profs, et les profs plutôt avec des étudiants.

Apparemment, *** se serait enquis de savoir si j’étais déjà mariée. Je précise qu’il me voit en moyenne 3 fois par semaine depuis octobre 2006, et a donc eu d’après mes calculs environ 48 fois l’occasion de me poser la question.

Persuadée qu’il était déjà casé, j’ai très mal embrayé sur ce coup-là, mais passons, ce fut du moins l’occasion d’une discussion comparative passionnée sur tous les profs masculins de la section Arts.

En tout cas, je constate que, contrairement aux profs — qui ne faisaient guère que jouer au jeu des 7 familles — les étudiants ont derrière leurs projets matrimoniaux une vraie stratégie à long terme: “Et puis, tu te rends compte, si elle épousait Untel, on aurait enfin une salle de recherche bien rangée”.

A part mon âge, il leur reste à l’évidence beaucoup à apprendre à mon sujet (notamment le fait que, a priori, j’utilise les salles de recherche pour faire de la recherche plutôt que du ménage), mais je n’ose pas leur ôter toutes leurs illusions d’un coup.

Yatta ! (Boursière de l’EFEO)

janvier 27, 2008

J’ai obtenu une bourse de l’Ecole Française d’Extrême-Orient pour prolonger mon séjour de 3 mois. Première réaction: euphorie sans bornes, je suis Paul Claudel, je suis Pierre Loti.

Deuxième réaction: sauf que cela signifie qu’à partir du mois de mars, je serai rônin, triste condition de la chercheuse sans appartenance fixe.

En effet, toute ma vie ici, depuis mon visa de séjour jusqu’à mon abonnement de téléphone portable en passant par mon logement, est conditionnée par mon statut d’étudiante de Gakugei. Il faut TOUT refaire à zéro.

En calculant, je risque de passer plus de temps à la banque et dans les services de l’immigration qu’à la bibliothèque de Waseda, mais ce sont toujours 3 mois de pris.

La douche écossaise

janvier 27, 2008

A la Cité U, la douche coute 100 yen, soit 60 centimes d’euro. Pas énorme en soi, mais à la fin du mois, ça fait quand même un budget.

Heureusement, ma nouvelle voisine coréenne a trouvé une solution radicale au problème. Elle fait ses ablutions dans l’unique point d’eau chaude gratuite à l’étage: l’évier de la cuisine.

La douche écossaise

janvier 27, 2008

A la Cité U, la douche coute 100 yen, soit 60 centimes d’euro. Pas énorme en soi, mais à la fin du mois, ça fait quand même un budget.

Heureusement, ma nouvelle voisine coréenne a trouvé une solution radicale au problème. Elle fait ses ablutions dans l’unique point d’eau chaude gratuite à l’étage: l’évier de la cuisine.

A l’abordage!

janvier 18, 2008

Un étudiant me fait remarquer: “Ma voisine trouve les cours de grammaire classique difficiles”.

J’ai très envie de répondre: “Tu es tout jeune, tout mignon, boursier (i.e. plein aux as et disponible, comparé à l’étudiant japonais moyen qui va devoir arracher la même somme à la sueur de son front de 17h à 23h). Je veux tout à fait bien croire que la forme ’base renyô + けり’ soit pour ta voisine l’enjeu d’une crise existentielle insurmontable, mais es-tu sûr qu’elle ne cherche pas plutôt une excuse pour se pencher sur ta feuille?”

Mais je ne dis rien parce que je sais me tenir (et que j’ai un blog).

La semaine suivante, je constate que la donzelle est parvenue à résoudre le problème impitoyable de l’enchaînement des suffixes grâce à la bonne vieille méthode des gabiers bretons: une main pour soi (rajustage coiffure, raccord maquillage), une main pour le bateau (palper la cuisse de son voisin). Avec ça, il ne lui en reste plus pour prendre des notes, mais ça doit être efficace quand même parce qu’elle semble complètement rassérénée sur la difficulté du cours.

Les petits matins qui chantent

janvier 18, 2008

Il y a pire que la voiture qui peine au démarrage, et même pire que le pare-brise à dégivrer. Il y a la selle de vélo qui a gelé (quand le froid arrive brusquement et qu’on n’a pas eu le temps de dégainer son sac plastique de combat).

Tu dormiras quand tu seras compétitive (2)

janvier 17, 2008

Je râle copieusement contre les cours intensifs du département de calligraphie, qui sont certes passionnants, mais qui dévorent tout ce qui ressemble de près ou de loin à un week-end.

Sauf qu’au département de peinture japonaise, ils ont leurs cours intensifs le jeudi soir de 17h à 23h.

Tu dormiras quand tu seras compétitive (1)

janvier 17, 2008

C’est la période frénétique de pré-exposition. Une étudiante voudrait bien refaire sa calligraphie, histoire de perfectionner le déjà parfait. Seulement après, elle n’aura plus le temps de l’amener à l’atelier de montage avant la date limite.

Un de ses camarades la rassure: “Pas de problème. Il est 19h, tu as 14h devant toi. L’atelier ouvre à 9h, tu auras juste le temps d’amener ta calligraphie avant d’aller en cours”.

Seule une gaijin aurait pu avoir l’idée saugrenue de caser dans ce laps de temps 8h de sommeil et 2 repas.

La calligraphie nuit gravement à la santé (mentale)

janvier 16, 2008

Dans la nuit du 2 janvier, il faut soigneusement noter ses rêves, qui indiquent la tendance de l’année à venir. Ca s’appelle le hatsuyume, le premier rêve de l’année.

J’ai rêvé que je n’arrivais pas à finir mes oeuvres à temps pour l’expo.

Le professeur I*** a rêvé qu’il était invité à un colloque en Chine ou en Corée et que, arrivé à l’aéroport, il se rendait compte qu’il n’avait pas son passeport.

Dans mon cas, j’ai réussi à surmonter la prédiction et à finir à temps (mais les oeuvres vont peut-être se désintégrer d’ici l’expo???). Quant au professeur I***, il s’est souvenu qu réveil que, n’ayant jamais été amené à voyager à l’étranger, il ne possédait pas de passeport.

La St-Valentin

janvier 16, 2008

Sitôt rentrés du temple, sitôt les décorations auspicieuses du Nouvel An remisées, les Japonais, ou en tout cas leurs grands magasins, s’activent à préparer la St-Valentin. Il y a du rose et des coeurs partout, c’est-à-dire qu’on ne voit pas vraiment la différence avec d’habitude.

 La St Valentin n’est pas vraiment la fête des amoureux, qui ont eu leur jour à Noël (allez comprendre). C’est surtout une fête où les femmes doivent offrir des chocolats aux hommes de leur entourage. Très dur, de voir transiter tous ces chocolats sans y toucher.

En échange, les hommes offriront aux femmes des chamallows lors du White Day (3 mars).