Archives pour décembre 2007

Le couple directorial en visite à Tokyo

décembre 29, 2007

Le directeur du patrimoine et des marchés publics à la mairie de Blagnac, M. Quentin Dor, et sa compagne Mlle Juliane Daymard, sont arrivés aujourd’hui à Tokyo pour une visite officielle de 9 jours.

Une rame de métro, spécialement équipée de places assises, a été affrétée pour leur permettre de gagner l’hôtel Sakura House-Hatagaya, où ils séjourneront avant de participer aux festivités du Nouvel An.

La malédiction expositoire

décembre 29, 2007

Il en va des expos comme des colloques. Quand on vous les propose, c’est loin, vous avez le temps, et vous débordez de projets grandioses (en l’occurrence, vous annoncez crânement: “Pas de problème, je vous refais la fresque de la chapelle Sixtine. Et avec ça, vous prendrez un cappucino?”).

Et puis un beau matin… Non, en fait, c’est un matin complètement affreux, vous vous réveillez, la date limite de remise des oeuvres est dans 15 jours, votre frère arrive demain, tout ce que vous avez calligraphié le jour se transforme en gribouillis la nuit, et où trouver un cappucino dans l’archipel?

Soirée de Noël à la Cité

décembre 26, 2007

Une nouvelle occasion de constater la déliquescence liée à un an de séjour au Japon. L’an dernier, j’avais hurlé à l’injustice parce que la soirée finissait à 22h, et franchement, une soirée qui finit à 22h, qu’est-ce que ça veut dire, on est en maison de retraite ou quoi?

Cette année, à 21h15, je commence à piquer du nez, et à trouver que les choses se prolongent indûment.

La messe de minuit au Japon

décembre 26, 2007

Assister à la messe de minuit est une chose que je voulais vraiment faire pour mon dernier Noël au Japon. Certes, je n’ai pas mis les pieds à l’église jusqu’ici, et je ne sais même pas vraiment où en trouver une, mais pas de problème, il suffit de se faire tuyauter par les Philippins, qui en général connaissent par coeur les horaires de services dans toutes les paroisses de l’agglomération de Tokyo.

L’un deux s’offre même charitablement à me chaperonner, et Hong Lan, ma voisine chinoise, se joint à nous.  Arrivée sur place, stupéfaction, l’église est comble. On nous dirige vers une chapelle au sous-sol, en nous expliquant que dans la grande, nous n’aurons pas de places assises. Même dans la petite, il y a des gens debout, jusque dans le vestibule, mais nous parvenons à nous garantir trois précieux sièges.

La messe est en anglais, et je retrouve avec nostalgie les mêmes cantiques qu’à Oxford. J’en découvre d’autres aussi, que je n’ai jamais chantés et dont j’ignore parfaitement les paroles, mais dont je connais la mélodie par coeur parce qu’elle passe en boucle dans les grands magasins.

Ambiance multi-ethnique (jamais vu autant de gaijin de toutes les couleurs pendant mon séjour à Tokyo) et très familiale, le prêtre n’hésitant pas à interrompre le service pour interpeller ses ouailles: “Tiens, Herman n’est pas là aujourd’hui?”.

Nouvelle surprise à la quête: je suis une des rares radines à filer quelques pièces. Presque tous les autres ont mis un billet de 1000 (environ 6€). Je veux bien que nous sommes dans un quartier riche, mais même dans les églises du 7e arrondissement à Paris, on voit rarement pareille munificence.

Lors du baiser de paix, le prêtre précise: “Vous pouvez vous donner l’accolade, vous embrasser, tout ce que vous voulez. Enfin…avec modération…”

Mais le grand moment reste indiscutablement la communion.

Avant:

Alejandro à Laïli: “Tu reçois la communion?”

Laïli: “Je ne sais pas. Ca fait vraiment longtemps que je ne me suis pas confessée”.

Alejandro : “Ce n’est pas grave, tant que ta conscience est pure”.

Laïli: “Xmblnlsnbdrzjs”.

Disons qu’au cours des 10 minutes précédentes, je ne me souviens pas avoir commis une action grossièrement répréhensible. On va dire que ça passe.

Après:

Hong Lan: “C’est quoi, le truc que vous mangez?”

Laïli: “Un peu comme du pain”.

Hong Lan: “Et c’est bon?”

Laïli (qui n’avait jamais vu les choses sous cet angle gastronomique): “Euh, ben, ça n’a pas vraiment de goût”.

La seijinshiki

décembre 26, 2007

Il s’agit de la cérémonie de passage à l’âge adulte qui concerne tous les jeunes gens de 20 ans (c’est à cet âge qu’on devient majeur au Japon), et se déroule le 2e lundi de janvier, lequel est férié pour l’occasion.

Depuis 3 mois, les filles n’ont plus d’autre sujet de conversation et elles sont toutes au régime strict à une boulette de riz par jour pour passer de 37 à 32 kgs avant le jour fatidique.

Une minutieuse enquête de terrain m’a révélé tous les mystères des préparatifs, qui commencent en général un an à l’avance, faute de quoi l’on risque de ne plus avoir le kimono de son choix, ou bien de devoir passer chez le coiffeur à 5h du matin. Puis, vers le mois de septembre de l’année précédente, on fait les essais de coiffure et de kimono, on reçoit un album de photos avec les différentes possibilités, et on prend sa décision.

Le jour J, après 2h de vêture / coiffure, on se rend à la mairie pour la cérémonie (en gros, quelques paroles auspicieuses des grandes figures de la municipalité), puis, dans le cas des étudiants, il y a une soirée organisée par l’université.

Je n’ai pas osé demander le coût de l’affaire, mais rien que la soirée semble coûter une soixantaine d’euros, et les kimonos, ça fait longtemps que j’ai arrêté de regarder les prix, même à la location. Petit exercice à l’usage des classes élémentaires: sachant que les familles doivent remettre ça deux ans plus tard pour la cérémonie de fin d’études, puis encore quelques années après en beaucoup plus sérieux pour le mariage, calcule la somme dépensée par des parents qui ont 3 enfants (dont 2 filles), et tires-en les déductions nécessaires sur la baisse de la natalité au Japon.

Communication interculturelle

décembre 16, 2007

Aujourd’hui, j’ai énvoyé mon premier texto en chinois. En fait le chinois, c’est très facile, si on écrit en pinyin en enlevant tous les accents. D’accord, votre interlocuteur a de bonnes chances de ne pas savoir si vous souhaitez déjeuner avec lui à la cantine, ou si vous attribuez à son honorable mère des activités que la morale réprouve.

Mais si on s’arrête à de pareilles vétilles, on ne va plus nulle part.

Tiens, un lecteur (1)

décembre 12, 2007

Il y a quelques jours, ce blog a pris une tournure nouvelle: j’ai reçu le premier commentaire d’un lecteur parfaitement inconnu.

Premier réflexe: flattée. Ca y est, la presque gloire quasi planétaire. Amélie Nothomb n’a plus qu’à bien se tenir.

Deuxième réflexe: horreur !!!!!!! Ca fait bientôt 8 mois que je ne raconte absolument que des sottises et des vacheries en me disant “De toutes façons, il n’y a que mes proches qui lisent, et depuis le temps, ils sont blindés les pauvres”. Et bien non.

J’ajouterais même: horreur paranoïaque. A tous les coups, c’est un étudiant des Langues O, et il est déjà en conférence avec mon directeur pour lui expliquer que je médis du système administratif, voire pire si affinités.

Heureusement, mon lecteur a laissé l’adresse de son propre blog. Je me précipite donc, à la fois pour en avoir le coeur net, et parce qu’il m’écrit qu’il est en fac dans le Kansai. Le Kansai, c’est l’ “autre Japon”, très glamour mais très loin, de sorte que je n’y vais qu’occasionnellement pour le tourisme et je suis super curieuse de savoir comment vivent les vrais gens là-bas.

Poussé le premier soupir de soulagement (ouf, non, apparemment, rien à voir avec les Langues O), je commence à dépouiller scrupuleusement les documents pour alimenter ma recherche sur la fac à l’ouest d’Eden.

Résultats à suivre !

L’entrée en primaire

décembre 10, 2007

Pour entrer à l’école primaire qui est rattachée à la fac, les élèves doivent passer non seulement un examen (ce que je savais), mais aussi un entretien (ce dont je me doutais), et il y a un entretien final avec les parents (ce que j’ignorais complètement).

Je demande: “Que se passe-t-il si l’élève réussit son entretien mais que les parents ratent le leur?”

“Et bien, il n’est pas pris”.

Au Japon, à 5 ans, vous pouvez rater, à cause de vos parents, un examen qui remet en cause toute votre scolarité future.

L’arme fatale des grandes expositions

décembre 9, 2007

Pour les gens en fauteuil roulant à Tôkyô, la vie est loin d’être drôle. Malgré de très louables efforts d’urbanisme pour rendre la ville accessible, essayez un peu de traverser une rue, ou de prendre le métro aux heures de pointe…

Consolation: si vous vous rendez à une grande expo nationale (de préférence des rouleaux enluminés, c’est ce qui marche le mieux), vous tiendrez la vraie revanche de votre vie.

Mode d’emploi:

1) Vous vous plantez solidement devant les explications initiales. Les Japonais sont très disciplinés, personne n’osera doubler. Vous avez la satisfaction de sentir se former derrière vous une queue de 25 mn. Et là, bien calé dans votre fauteuil, vous savourez la pensée de tous ces bipèdes qui ont des fourmis dans les jambes et les chevilles qui enflent.

2) Quand vous décidez d’avancer, vous êtes Ben Hur. Malheur à l’impertinent qui ne s’écarte pas de votre chemin à temps, ou qui prétend regarder le rouleau à un rythme autre que le vôtre : vous écrabouillez sans pitié le moindre pied qui traîne.

3) Et en plus vous avez la tête juste à la bonne hauteur. Tous les crétins autour de vous sont 30 cm trop haut.

Je suis enrhubée

décembre 9, 2007

Très problématique pour parler japonais (déjà que d’habitude…).

Par contre, je maîtrise soudain couramment le lithuanien, comme dans: “Kidoo sadka dekidakute, taihed booshiwake aribased”