Archives pour novembre 2007

Dénonçons l’imposture

novembre 30, 2007

Dans son dernier roman, Amélie Nothomb explique comment elle a grimpé le Fuji 4 fois plus vite que son copain.

Lu comme ça, ça a l’air d’un exploit olympique.

Mais en fait, j’ai constaté il y a quelques jours sur les pentes du Takaosan que je grimpais moi-même 3,5 fois plus vite que la moyenne des hommes japonais. Et ça, ça n’est pas peu dire sur eux, les malheureux.

Date limite de consommation

novembre 28, 2007

Les Japonais ont inventé la cérémonie du thé, l’art des bouquets et le haiku.

Ils ont aussi inventé un dicton qui dit qu’une fille de 26 ans qui cherche mari est comme une bûche de Noël: bradée à moitié prix parce que le 25 est passé et que plus personne n’en veut.

Vrai les mecs, ça fait plaisir de voir une civilisation tellement évoluée.

Le petit-déjeuner japonais

novembre 28, 2007

A Nara, j’ai tenté l’expérience (en fait re-tenté, pour la première fois depuis 2005) du petit-déjeuner japonais, le vrai, avec poisson cru, bouilli, farci, mariné, rôti, légumes fermentés et autres douceurs qui vous font démarrer la journée du bon pied.

Cette fois quand même, un geste humanitaire leur avait également fait prévoir du pain et du café.

Finalement, le plus dur, ce ne sont pas les saveurs. Après tout, ce sont des plats que l’on est habitué à manger dans la journée, on les retrouve juste un peu plus tôt. Non, ce qui est quasiment insurmontable, ce sont les délicates acrobaties des baguettes (transfert du plat à l’assiette, puis de l’assiette à la bouche) à une heure où l’esprit n’a qu’un neurone fonctionnel: celui connecté au doigt qui va appuyer sur le bouton de la machine à café.

L’exposition du Shôsôin

novembre 28, 2007

Au début du mois de novembre, je suis allée à Nara pour voir l’exposition du Shôsôin, qui est un peu le pélerinage à la Mecque de l’étudiant en histoire de l’art: il faut absolument l’avoir fait une fois dans sa vie. Il s’agit de l’exposition de trésors nationaux conservés depuis le VIIIe siècle dans l’entrepôt historique du Shôsôin, et qui ne sont présentés au public que deux fois par an. Comme les pièces sortent par rotation, le gaijin qui n’a que quelques mois (même ‘années’) à passer au Japon sait qu’il ne reverra jamais les objets exposés.

Plus qu’une épiphanie culturelle, c’est une épreuve de force physique pour laquelle j’aurais dû suivre une préparation de fond, si j’avais su.

Les Japonais sont le peuple du monde le mieux policé. Ainsi dans le métro, même aux pires moments des heures de pointe, toute personne qui pressent avoir foulé une paire de pieds qui n’est pas la sienne s’excuse au moins trois fois.

La raison de cette équanimité est qu’ils réservent toute leur agressivité pour les expos (et l’aquarium d’Osaka). Et à celle du Shôsôin, ils se surpassent. Tous les arts martiaux sont permis pour s’assurer une vue avantageuse des objets. Se méfier en particulier des petites grand-mères à l’air fragile, qui ont le coup de coude particulièrement vicieux (voir le post sur le centenaire du Nitten). En un an de séjour au Japon, cette expo est la seule et unique occasion où j’ai vu deux personnes en venir aux mains, sous les yeux médusés de la foule

Ce bref instant d’inattention de l’adversaire m’a permis de me faufiler au premier rang devant l’unique encrier de la collection et les pinceaux de l’époque de Heian.

La malédiction du bus de nuit

novembre 17, 2007

Siège ergonomique inclinable, repose-pieds, couverture, pantoufles de courtoisie, tout dans le bus de nuit a été conçu par un bataillon d’ingénieurs japonais afin de favoriser le sommeil. Pourtant, je n’ai jamais réussi à y fermer l’oeil. Ce n’est pas faute d’avoir essayé tous les moyens possibles : journée épuisante la veille, voire nuit blanche, somnifères, rien n’y fait. Pourtant, j’ai désormais un certain entraînement: Tokyo-Aomori en février, Tokyo-Nara en juin, Tokyo-Osaka en août, Tokyo-Niigata en septembre, Aomori-Tokyo en octobre, Tokyo-Nara puis  Nara-Tokyo en novembre. Dans le train, je dors comme un loir. En voiture, je ronfle au bout de 10 mn. Dans le bus de jour, je lutte désespérément contre le sommeil afin de profiter du paysage, mais je finis toujours par m’endormir. Dans le bus de nuit, jamais.

Comment résoudre la crise des arts traditionnels

novembre 17, 2007

La calligraphie, ce n’est plus ce que c’était, attendu que les jeunes, ma bonne dame, préfèrent s’envoyer des textos au lieu de travailler pendant 15 ans le maniement du pinceau.

Pour la peinture japonaise de type nihonga, la situation est encore pire. Elle n’est pas enseignée dans le système scolaire (la calligraphie l’est encore), le papier et les pigments sont hors de prix, et c’est une pratique qui ne sert strictement à rien (la calligraphie, à la rigueur, permet d’écrire classieusement son nom au pinceau sur les registres dans les mariages, enterrements et autres expositions).

Sauf que les petits malins du nihonga ont trouvé la solution. Dans notre fac, le prof est super canon, djeun, look branché, etc… Dès qu’il ouvre la bouche, il faut emporter 3 étudiantes en pâmoison, ses sours sont pleins, les étudiants sont à trois par chaise et il va falloir envisager, dans un proche avenir, une délocalisation au stade olympique.

L’expo de calligraphie

novembre 13, 2007

Ne nous méprenons pas, j’ai quand même participé à une expo au mois de juillet. Mais comme j’étais encore une newbie, bien loin qu’on me le propose, j’avais dû humblement demander.

Puis suer sang, eau et encre, parce que l’expo avait lieu 15 jours après ma soutenance et que j’avais fini l’oeuvre dans l’urgence et les affres du décalage-horreur (mes camarades sont bien gentils de m’avoir déjà pardonné le résultat).

Avant de me rendre compte que ce n’était pas la peine de me fatiguer, parce que tout ce que les gens regardent, c’est l’étiquette avec le nom occidental.

Cette fois, j’ai décidé, je n’expose que l’étiquette.

Le Jour

novembre 13, 2007

Aujourd’hui est le Jour.

Où j’ai été spontanément invitée par mes camarades à participer à l’expo du mois de janvier.

Cri de colère devant tant d’injustice (2)

novembre 13, 2007

Il y a sur la toile BEAUCOUP TROP de blogs sur le Japon.

Alors que mon co-blogueur des Kerguelen a si peu de concurrence, lui.

A quelque chose malheur est bon, le dernier en date de ces blogs vient de m’apprendre le projet de fichage biométrique des étrangers, à dater du 20 novembre. J’étais même pô au courant.

Cri de colère devant tant d’injustice (1)

novembre 13, 2007

C’est quoi cet automne pourri?

Comment veut-on que mon rhume guérisse si je suis trempée jusqu’à la moëlle un jour sur deux (la dernière fois, à travers 4 couches de vêtements dont une censément impeméable) ?

Comment pourrons-nous admirer les feuilles d’automne si elles flottent déjà dans le caniveau?

L’Eternel semble avoir changé d’avis: au lieu du Grand Tremblement de Terre, ce sera le Déluge.

Tous à Kazusa Ark !!!