Archives pour septembre 2007

L’université de demain

septembre 27, 2007

L’autre avantage des blogs Education Nationale, c’est qu’ils me permettent de tenter d’imaginer, si peu que ce soit (et pour autant que j’en aie envie !!), ce que sera l’institution quand j’y reviendrai après 2 ans d’absence.

-Mes étudiants seront tous de grands dolichocéphales blonds aux yeux bleus.

-Du coup, ils ne seront plus que 8.

-Moi, je serai payée au mérite.

-Eux, ils seront évalués à l’ancienneté.

-Je devrai assurer un service minimum.

-Qui n’impliquera que 3O mn hebdomadaires d’anglais, le reste étant consacré au tutorat / encadrement / accompagnement.

Alors, est-ce que ça vaut le coup ou non de revenir?

Méta-blogs II

septembre 27, 2007

Je ne fais pas de pub…mais il y a quand même trois blogs auxquels je suis accro en ce moment.

Le premier, c’est celui de Yann Libessart sur les Kerguelen (http://kerguelen.blogs.liberation.fr/libessart/). J’ai toujours rêvé d’habiter aux Kerguelen, ou dans n’importe quel autre endroit vaguement randonnable où l’on trouve plus de pingouins/chameaux/moutons que d’êtres humains. Ca doit être pour ça que j’ai atterri dans la giga-mégalopole du futur. Non seulement ce blog me permet de vivre l’expérience par procuration, mais en plus il a fait de moi une consommatrice avertie, puisque je sais désormais que le poisson gras et fadasse (Yann, c’est pour ça qu’on met du wasabi) sur les sushi, c’est de la légine autrale. Il ne me reste plus qu’à dénicher le terme japonais.

Le deuxième, c’est “S’il n’y avait que les élèves” (http://profseteleves.blogs.liberation.fr/silnyavaitqueleseleves). Il n’y a rien qui vous fasse apprécier votre bourse de recherche comme de lire les histoires de gens qui corrigent des copies. Et ce que j’adore, ce n’est pas seulement le blog, mais aussi les réactions au premier degré des lecteurs. Ca fait du bien, mais alors du bien, de voir les récriminations contre ces-profs-qui-n’en-foutent-pas-une adressées à quelqu’un d’autre!

Le dernier, c’est aussi un blog Education Nationale, on ne se refait pas:

http://tzrrad.unblog.fr

Un chouia moins percutant que “S’il n’y avait que les élèves”, mais la scène du PV d’installation, ceux qui ne l’ont pas vécue ne peuvent pas comprendre (et tout ceux qui travaillent de près ou de loin dans l’Education Nationale l’ont généralement vécue).

Bref, le blog est à notre époque ce que les romans-feuilletons étaient au XIXe siècle. De l’émotion, du rire, des larmes et la suite au prochain numéro.  Les séries télé offrent certes un peu le même plaisir, mais là, il y a en plus la valeur ajoutée du fait réel.

A Bombay en 1842, Emily Eden se mourait d’impatience que le prochain bateau lui apporte la suite des aventures de M. Pickwick. Et moi à Tokyo en 2007, je ne brûle pas moins ardemment de savoir comment Jérôme s’en sortira dans son nouveau collège de l’autre côté du périph’.

Le sac de voyage

septembre 27, 2007

La voyageuse du XXIe siècle ne saurait partir sans son portable, son appareil photo, sa Nintendo DS, son fer à repasser et sa tondeuse à gazon.

Du coup, l’essentiel de son sac est occupé, non plus par les crinolines, mais — outre la quincaillerie susmentionnée — par une quantité incroyable de chargeurs (électrique, de piles, de batteries, de téléphone et j’en passe).

Mission accomplie

septembre 27, 2007

Le dernier dossier est parti aujourd’hui. 

Je viens de repasser brutalement dans la catégorie n°1, et à partir de maintenant, c’est moi qui vais saoûler tout le monde avec mes récits de voyage, mais alors vous n’avez pas idée (enfin si, sans doute un peu trop…).

Les uns et les autres

septembre 25, 2007

L’humanité (enfin, en tout cas celle de la Cité U), est en ce moment divisée en deux.

Catégorie un: les étudiants qui ont décidé qu’ils repartaient en mars, ou qu’ils tenteraient leur chance de prolongation au dernier moment (je ne parle même pas des petits veinards arrivés au printemps avec une bourse de 18 mois, et qui ont encore un an devant eux). Pour ceux-là, la vie se partage entre

1) Leur super boulot qui leur rapporte plein d’argent en plus de la bourse.

2) Leurs sorties et voyages aux 4 coins du Japon.

3) Leurs relations avec le sexe opposé.

Catégorie deux: ceux qui veulent rester. C’est-à-dire les étudiants qui préparent le concours d’entrée en maîtrise, et moi. Pour nous, l’existence tient en 4 caractères: 研究計画 (projet de recherche). La tension monte d’un cran toutes les semaines depuis le mois d’août. Le ras-le-bol se fait sentir.

Les amitiés se redéfinissent brutalement selon les lignes suivantes: chez qui peut-on aller pleurer quand on est en panne d’inspiration la veille de l’échéance? Et qui, au contraire, va vous saoûler avec ses récits de voyage à Okinawa?

Les vacances au Japon

septembre 25, 2007

Je n’arrive pas très bien à saisir le concept de “vacances” au Japon. Contrairement à ce qu’on a tendance à penser, il y en a, et elles sont à peu près les mêmes qu’en France, quand elles ne sont pas carrément plus longues. A la fac, ce sont ainsi 4 mois de l’année qui sautent.

Sauf que mon directeur est toujours là 3 jours par semaine (le reste du temps il bosse au ministère), et la dernière fois que je suis allée dans son bureau, tous ses étudiants étaient réunis pour un séminaire. J’ai demandé à une fille: “Alors, c’est fini les vacances?”. Elle a répondu: “Non, non, je commence mon travail au collège la semaine prochaine, mais là, je suis encore en vacances”.

Cela a fait surgir en moi des souvenirs de mon premier séjour au Japon, où j’avais entendu un chercheur (français pourtant) s’exclamer: “Et comme ce sont les vacances, on peut enfin travailler tranquille”. Certes, avais-je alors pensé, mais si on peut travailler pendant les vacances, quand prend-on des vacances? Je n’ai toujours pas résolu la question, mais je pense qu’au Japon, les gens en vacances, comme les grévistes, devraient porter un brassard pour qu’on les reconnaisse sans peine sur le lieu de travail.

L’air conditionné du futur

septembre 24, 2007

Je viens de découvrir, ces derniers jours, un moyen absolument révolutionnaire pour produire de l’air froid sans allumer l’air conditionné: ouvrir la fenêtre.

Bon, ça ne marche pas à tous les coups, on sent que la technique n’en est qu’à ses débuts. Mais je pense qu’elle sera amenée à connaître un grand développement dans les mois à venir.

Pourquoi est-ce si compliqué?

septembre 24, 2007

Pourquoi est-ce que je n’ai toujours pas mon M2? Pourquoi est-ce qu’il faut que je renvoie un formulaire que j’ai déjà complété 3 fois? Est-ce que ce formulaire complète, remplace ou annule ceux que j’ai déjà remis? Et surtout POURQUOI faut-il que tout ça tombe dans la semaine qui précède la date limite d’envoi des dossiers de bourses?

Mes amis d’ici ne comprennent pas pourquoi je suis déprimée. J’essaie d’expliquer que je suis sur le point de passer à côté de 2 importantes sources de financement, faute d’avoir mon diplôme.

-Zut alors, tu as raté tes examens?

-Non, non, je les ai eus.

-Ben alors, pourquoi t’as pas ton diplôme?

Mes amis de France, eux, comprennent tout de suite.

Le calendrier

septembre 24, 2007

Les lecteurs du post précédent comprendront qu’il y a dans les dossiers de bourse une chose encore plus gouleyante que le budget, c’est le programme de recherche. L’un des organismes demande en effet un calendrier de travail détaillé. Déjà, dans l’absolu, ça existe, les chercheurs qui peuvent prédire avec six mois d’avance le développement de leurs travaux? Et ceux-là, ils ont vraiment besoin d’une bourse??

En plus, dans mon cas, ça donne implicitement ceci: “Je ne sais pas si et quand je vais obtenir mon M2, ni pouvoir m’inscrire en doctorat, mais le 25 août 2008, je peux vous affirmer que je serai à la bibliothèque de Waseda, en train de consulter le n° 12 de la revue Shoen“.

La rando au Japon

septembre 21, 2007

Bon, ce n’était pas ma première, donc le choc culturel n’était pas absolu. Mais quand même, je n’arriverai jamais à me faire à ces randonnées où on passe plus de temps à manger et à acheter des souvenirs qu’à marcher.

Ou plutôt si, je sens que je suis en train de m’y faire très vite. 

La randonnée japonaise est sybarite. En France, l’idée d’une randonnée (à la différence d’une balade) c’est qu’on doit souffrir, revenir avec les pieds en sang, et pouvoir aligner un nombre décent de kilomètres et d’obstacles pour se parfumer auprès des amis pendant les longues soirées d’hiver. Au Japon, pas d’ampoules, pas de courbatures, juste de l’appétit pour le dîner.

La randonnée japonaise est gratifiante. Dès que vous avez fait 200 m, les gens vous demandent avec sollicitude si ça va (“Daijôbu desuka?”). Montez 15 marches jusqu’au Shmulleschmu-jinja, et vous avez l’impression d’avoir escaladé l’Etna. 

La randonnée japonaise permet de dépasser ses limites. Maintenant, j’arrive à supporter le funiculaire, même après le repas.

Surtout, j’aimerais saluer ici une invention absolument fabuleuse (mais hélas pas encore assez répandue, même au Japon) pour les gens qui, comme moi, ont le vertige: le télésiège au ras du sol. Je trouve qu’on devrait développer le concept d’ “avoir pied” dans les airs comme dans l’eau, et le télésiège du Mitakezan est le premier pas dans cette direction.