Horreur, l’impensable est arrivé. En revenant du festival d’awa odori à Kôenji la semaine dernière, j’ai constaté que ma précieuse bicyclette avait disparu. Deux possibilités: le vol (même au Japon, ça arrive), ou plus vraisemblablement, une rafle de la police (je fais comme tout le monde, je me gare dans des endroits interdits où il y a 3 millions de vélos et personne ne dit rien jusqu’au jour où…).
Soyons honnête, la valeur marchande de l’engin n’est pas à la hauteur de sa valeur sentimentale, et une amende risque de me coûter plus cher que la bicyclette ne vaut. Sans compter que l’enregistrement n’est pas franchement en règle. Bref, je dois me résoudre à abandonner cette précieuse moitié de moi-même à son nouveau propriétaire, qu’il soit yakuza ou policier.
La question du remplacement est épineuse. Faut-il racheter un vélo neuf (plus rapide, plus simple, mais aussi plus cher), ou récupérer, comme c’était déjà le cas, le vélo de quelqu’un qui s’en va?
En attendant d’avoir résolu ce dilemme cornélien, c’est le supplice. Par un tour de prestidigitation dont JK Rowling ferait bien de s’inspirer, toutes les distances ont été multipliées par 3, et le campus a doublé de surface sans avertissement préalable. L’allée centrale s’étire, s’étire interminablement jusqu’à la bibliothèque, j’ai l’impression d’être sur un tapis roulant à contre-sens.
Et les bagages!! Jusqu’ici, hop, d’un simple geste dans le panier du vélo, mais maintenant, il faut tout porter à la main.
L’avantage, comme me le fait remarquer Miroku-sama, c’est qu’avec les 18 mois fermes que je vais récolter pour parking illégal+enregistrement pas en règle, je n’ai plus à me faire de souci pour la prolongation de la bourse, et en plus, génial, je vais avoir plein de temps pour faire de la recherche. Les copains ont promis de m’apporter des livres à la prison de Sugamo.