Rentrer en France

By adilor

Rentrer au pays natal en milieu de séjour n’est pas nécessairement une bonne idée. Au début, on se réjouit de revoir la famille, les amis, et puis…

1-Arrivé en France, on se rend compte qu’on est désormais un gaijin. On se perd dans le métro, on met 3 plombes à compter ses euros, et d’abord qu’est-ce que c’est que tous ces gens qui PARLENT dans le train. On a aussi eu tout le loisir d’oublier ce que c’est qu’un vrai coin fumeur dans les cafés.

2-Force est de constater qu’on est devenu une nullité sociale absolue. Tous ces films qu’on n’a pas vus, tous ces chanteurs qu’on ne connaît pas… Bref, vos interlocuteurs ont intérêt à être passionnés par l’histoire-géo du Japon et la poésie d’Ishikawa Takuboku, sinon la conversation risque de tourner court.

3-La gestion du séjour exige un QI à 4 chiffres. Vous avez environ 250 personnes à voir, et il ne s’agit pas d’en oublier une seule, ou vous voilà brouillés à mort. Il faut jongler avec les emplois du temps, tous les membres de votre famille vous reprochant naturellement de ne pas les avoir appelés en premier et de leur consacrer moins de temps qu’aux autres. Bref, j’ai connu des colloques qui étaient plus faciles à organiser

4-Vous n’avez pas de téléphone portable. Allez-y, faites le test, rien qu’une semaine pour voir. Et c’est encore pire quand on revient du Japon, où le portable est un peu comme votre 3e main.

5-Vous avez l’impression que toute votre vie défile devant vos yeux. Vous êtes en train de discuter avec quelqu’un, ça fait vraiment plaisir depuis le temps, mais là, hop, désolé, son temps de parole est écoulé, si vous voulez être à l’heure pour votre prochain RV en calculant le temps de métro.

Mais il y a aussi…

Le plaisir de retrouver les copines, les vraies, celles qui médisent et font de la recherche, au lieu de se concentrer exclusivement sur leur horoscope et les stratégies matrimoniales.

Tous ces gens sympas qui vous font des cadeaux pour votre anniversaire (et ceux, encore plus sympas, qui s’exclament “How cute!”, quand ça fait six mois que vous trafiquez tous vos papiers pour faire croire que vous avez 10 ans de moins).

Montparnasse…et la FNAC, ah, la FNAC. En écrivant cette parole, à peu que le coeur ne me fend!

Et voilà, c’est déjà l’heure de rentrer.

3 réponses vers «Rentrer en France»

  1. Juljan dit :

    Of course, you’re using French :)
    Time to dig out that schoolbook of mine…

  2. Brazza dit :

    On m’informe en régie que ladite famille vient d’ordonner une fatwa sur toi, pour ignominie et fratrioubliage.

    Tu seras donc condamnée à te retrouver en face d’étudiants de ta faculté, habillée en vahiné, avec un ukulélé, et 10 minutes pour interpréter un medley du répertoire de Gérard Lenormand.

    En même temps, tu l’as bien cherché, Judas Iscariote.
    Quand je pense aux heures passées par ton frère devant ses fourneaux pour préparer des crumbles de l’enfer, et aux nuits passées par ton neveu à tousser consciencieusement toutes les 10 minutes pour t’empêcher de dormir, afin que tu profites de chaque seconde de ton séjour en France. Ingrate.

  3. Jactran dit :

    Quel culot, ça s’offre des vacances prolongées au Japon sous prétexte d’approfondir le sabir local et ça se plaint de ses petits malheurs !
    Tiens, en parlant de malheur, par exemple, il y a ceux qui doivent affronter à la prochaine rentrée de Pâques (dans quelques jours donc) des zombies malfaisants, au département d’anglais de certaine grosse fac de province peuplée de petits esprits, dont le caractère liliputien est inversement proportionnel à la sotte vanité parfois doublée d’incompétence notoire mais tue.
    Turlututu !
    Sayonara comme ça pourra !

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