Ôji

mai 14, 2011

A Ôji, à la frontière entre Tôkyô et le département de Saitama, la moyenne d’âge est quatre fois plus élevée qu’à Shibuya, et le niveau de revenu quatre fois inférieur.

Mais hier, toutes les petites mamies du quartier s’étaient donné rendez-vous au McDo, pour se faire un McMorning entre copines en clopant comme des pompiers. L’ambiance était festive.

Les vautours de l’intellect sont parmi nous

mai 14, 2011

Horreur, les vautours de l’intellect n’existent pas qu’en Occident!! Dans le numéro d’avril de la revue Unité publiée par l’Institut Romain Rolland, je découvre un article intitulé “Le grand séisme du Japon de l’est et L’Âme enchantée“, que je soupçonne de ne pas être pur de toute arrière-pensée.

East is East and West is West

mai 6, 2011

Une mousmé comme au temps de Pierre Loti, dans la fine fleur de l’adolescence et revêtue d’un somptueux kimono de cérémonie aux couleurs chatoyantes.

Elle quitte le MacDo juste au moment où j’y entre.

Le tremblement de terre a un nom

mai 6, 2011

Il s’appelle le 東日本大震災, ou “grand séisme de l’est du Japon”, rejoignant ainsi dans l’histoire le 関東大震災 ou “grand séisme du Kantô” (1923) et le 阪京大震災 ou “grand séisme de Kôbe” (plus précisément “grand séisme d’Ôsaka-Kyôto”) en 1995.

Cougar-town

mai 6, 2011

Fait inhabituel, il n’y a dans ma guest house actuelle à peu près que des mecs, tous plus jeunes et tous plus beaux les uns que les autres. En arrivant, je n’en croyais pas mes yeux, et j’ai hululé comme le loup de Tex Avery, en rendant justice à l’Eternel qu’il n’y ait finalement pas que les hommes à venir au Japon pour se rincer l’oeil sur de la chair fraîche.

J’ai hululé pendant environ 3 mn, car à partir de la 4e, j’ai eu tout le loisir de faire les remarques suivantes:

-Le jeune passe beaucoup de temps au coin-toilette, mais plutôt pour s’observer dans le miroir que pour nettoyer le lavabo.

-Le jeune adore prendre le petit-déjeuner jusqu’à 14h30 du matin. Une guitare, trois potes, une jolie fille, il n’en faut pas plus à son bonheur.

-Le jeune a un boulot de jeune (genre serveur dans un bar plutôt qu’attaché commercial) avec des horaires de jeune, qui le font fréquemment rentrer à une heure où la vieille, elle, irait bien se coucher.

-Même une fois rentré, le jeune a encore dans sa chambre une vie sociale et sexuelle aussi active que bruyante.

Et surtout

-Le jeune, quoique n’ayant l’excuse ni de la sénilité, ni de la myopie, ni d’une prostate en pleine déliquescence, n’en a pas moins le plus grand mal à viser juste…

La baisse de la natalité

mai 6, 2011

Les Japonais n’arrêtent pas de se lamenter sur la baisse de la natalité, ce qui franchement me laisse perplexe. On voit des mouflets partout, il y a des quartiers entiers où on chercherait péniblement un adulte de plus de 30 ans, et en cette saison printanière, une femme sur trois a un nourrisson en bandoulière. Même en pondérant ces statistiques par celles du département de Yamanashi, qui ne doivent pas être tout à fait les mêmes, franchement, je ne m’en fais pas trop pour l’avenir de la nation.

Quant au vieillissement de la population, je l’expliquerais de la sorte:

-Les Japonais font des enfants, mais avant, ils en faisaient encore plus (au vu du fait qu’il y a à peu près une école primaire par pâté de maisons).

-Comme en plus, la durée de vie s’allonge, c’est sûr que la proportion de personnes âgées dans la population n’est plus ce qu’elle était au bon vieux temps de La Ballade de Narayama.

-Sont comptabilisées dans les personnes âgées tous les hommes de plus de 45 ans, et toutes les femmes de plus de 18.

Le pigeon de l’intellect

mai 2, 2011

Non parce que si je comptais sur la catastrophe pour me faire un lectorat à bon compte, c’est raté.

Les lecteurs tombent sur mon blog, aujourd’hui comme hier, avec les trois mêmes outils de recherche: “eriko nakamura”, “shibuyettes et shinjukettes” et “sommeil instantané”.

Auxquels il faudrait désormais rajouter “le sexe de la nourriture”. Où je doute qu’ils arrivent en tapant “nourriture”.

Les vautours de l’intellect (4)

mai 2, 2011

Mais il y a pire, et là, vous m’avouerez qu’on touche le fond. Il y a les blogs-de-gaijin-qui-survivent-au-Japon. C’est en train de devenir un vrai sous-genre de la blogosphère. Enfin, quand je dis blogs… Blog, photos, Facebook, Twitter, tout est bon.

Parmi ceux-ci, il y a d’authentiques malheureux qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Il y a aussi des gens qui ont été confrontés à des choix dramatiques (abandonner toute sa vie sur place pour protéger ses enfants en bas âge).

Il y a des bavards comme moi, qui adorent parler pour ne rien dire, et qui se disent qu’ils auront 2 lecteurs supplémentaires.

Mais il y en a d’autres, j’en connais, qui n’étaient pas sur place le jour J, qui se sont soigneusement tenus à l’écart jusqu’à ce que tout soit rentré dans l’ordre, et qui n’en font pas moins des déclarations grandiloquentes dignes de l’ONU pour enseigner au monde ce qui s’est vraiment passé.

Les vautours de l’intellect (3)

mai 2, 2011

Je découvre qu’il y a encore plus retors chez les universitaires: ceux qui organisent des journées d’études payantes, au bénéfice d’une association caritative.

L’opportunisme se double ici d’un certain chantage affectif: “Si vous n’allongez pas la somme (certes modique) pour venir écouter ma communication, vous êtes un affreux pingre insensible au sort des populations en détresse”.

NB: Je n’ai rien contre les opérations caritatives, au contraire. Un concert: pourquoi pas? Une expo: bonne idée! Les organisateurs se font connaître, les spectateurs payent ce qu’ils auraient de toutes façons payé, parfois moins, ils sont divertis pour leur peine, et les gens d’Iwate obtiendront plus vite leurs “instant flats”. Bref, tout le monde est gagnant.

Mais un colloque, qui est du ressort de l’activité professionnelle, là je ne vois pas, sauf à vouloir perdre à la fois 5€ et une journée.

Et pourtant, à y bien réfléchir, payer pour aller travailler, n’est-ce pas encore la manière la plus appropriée d’aider le Japon?

Les statistiques des tremblements de terre

mai 2, 2011

Comme, au début de mon séjour, la terre tremblait encore souvent, j’ai installé, sur les conseils de l’irremplaçable Evelyne, un programme appelé 緊急地震速報, qui doit m’alerter en cas de tremblement de terre.

D’un point de vue technique, c’est impressionnant: dès qu’il y a un tremblement de terre, n’importe où dans le pays, une petite fenêtre apparaît sur mon écran, m’indiquant le lieu et la magnitude. Si c’est à côté de chez moi, j’ai quelques secondes pour me mettre à l’abri.

D’un point de vue pratique, l’invention est un chouia moins convainquante. Voici en général ce qui se passe: je reçois toutes les dix minutes des alertes m’indiquant des tremblements de terre à l’autre bout du pays, qui n’ont aucune incidence chez nous; après quoi j’éteins l’ordinateur, car il est l’heure d’aller se coucher. Et là, dans l’instant, il y a un tremblement de terre à Tôkyô, dont je ne suis bien sûr pas avertie.

Plus qu’une utilité pratique, l’invention a, d’après mes conclusions, une fonction mémorielle. Quand je regarde où se produisent les tremblements de terre, c’est 9 fois sur 10 dans la zone déjà affectée par le tsunami. C’est comme s’il y avait, à chaque fois, une minute de silence pour nous rappeler que, à l’heure où les malheureux ont déjà quitté la première page des journaux, chassés par la Libye et le raid contre Ben Laden, ils sont donc encore secoués tous les jours, parfois plusieurs fois par jour, par un tremblement de terre de magnitude 4.

En plus, le monde ferait bien de ne pas détourner les yeux trop vite. Car quand je vois à quel point il est déjà délicat de reboucher une fissure dans un bête mur qui ne bouge même pas, je me dis qu’à Fukushima, ils ont encore du pain sur la planche.


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