Les petits métiers au Japon

septembre 11, 2009 par adilor

Le Japon est le paradis des petits boulots. En voici quelques uns parmi les plus exotiques aux yeux de l’Occidental (je ne compte pas les marchands de patates douces grillées et autres honnêtes rempailleurs de tatami) :

-Pousseur de boutons dans l’ascenseur.

-Tendeur de mouchoirs (les rues sont ponctuées de jeunes gens qui vous tendent des paquets de Kleenex avec des ornements du poignet dignes d’un ballet de Lully).

-Diseur de bonjour (dans tous les magasins, les employés vous disent bonjour quand vous entrez; dans certains, il y a du personnel dont cela semble être la seule fonction).

-Astiqueur de rampe d’escalator (métier bien distinct de celui d’astiqueur de marches d’escalator, qui fait l’objet d’un cursus et de compétences radicalement différents).

La pudeur

septembre 11, 2009 par adilor

Il est parfaitement admis, à Tôkyô, qu’une jeune fille en fleur porte un short qui est à peine plus qu’un slip avec une ceinture, ou une mini-jupe qui soit à peine plus qu’une ceinture munie d’un slip.

En revanche, il serait de la dernière inconvenance de se découvrir les épaules. Parfois, poussée dans mes derniers retranchements par la canicule, il m’est arrivé de me promener vêtue d’un simple petit top à bretelles. Mais jamais très longtemps, jamais très à l’aise, et toujours en guettant du coin de l’oeil le policier qui viendrait me sommer de cacher ce sein que l’on ne saurait voir.

Et seule une fille de Bélial oserait se promener en pantalon taille basse et montrer son nombril.

The Emperor’s new clothes

août 7, 2009 par adilor

Dans une gargote un midi. Entre les lycéens et les hommes d’affaires, je suis la seule personne à ne pas être en uniforme.

Les parapluies de Cherbourg

août 7, 2009 par adilor

Cette année, la fin de la saison des pluies coïncide justement avec le début de la saison des typhons.

La poubelle au Japon

août 7, 2009 par adilor

Dans ma résidence actuelle, il y a 6 poubelles, ce qui constitue une honnête moyenne: une pour les bouteilles en plastique, une pour leurs capsules, une pour les cannettes, une pour les bouteilles en verre, une pour les déchets alimentaires, une pour les déchets qui  brûlent, et une pour les déchets qui ne brûlent pas.

Car la ligne de partage du sens au Japon se fait entre le déchet qui brûle et celui qui ne brûle pas. D’où l’obligation, avant de jeter quoi que ce soit à la poubelle, de sortir son manuel de chimie pour savoir si le déchet est combustible. Après, il faudrait aussi sortir son manuel de philo pour savoir pourquoi les déchets ménagers ne sont pas dans la catégorie “déchets qui brûlent”, ou pourquoi les bouteilles en plastique constituent une espèce distincte de la catégorie “déchets qui ne brûlent pas”. Mais ceci est une autre histoire.

D’ailleurs, plutôt que “jeter à la poubelle”, il faudrait en fait dire “trier à la poubelle”. Voici la manière correcte de mettre à la poubelle un pot de confiture au Japon. On a commencé, à l’ouverture, par jeter dans la poubelle “déchets qui ne brûlent pas” la petite languette de fermeture en plastique. Après consommation, on enlève l’étiquette, que l’on met dans la poubelle “déchets qui brûlent”, le couvercle (poubelle “déchets qui ne brûlent pas”) et on jette le pot dans la poubelle “objets en verre”.

Le bon citoyen qui accomplit ces besognes fastidieuses reçoit une récompense à la mesure de ses efforts: le spectacle des poubellistes au Japon. Ici, on dit “poubelliste” comme on dirait “pugiliste” ou “pianiste”: c’est un art. Les poubellistes sont d’anciens champions olympiques qui pratiquent le triathlon suivant:

1) lancer du poids (comment expédier le sac plein à 10m pour qu’il retombe pile sur le dessus de la pile de sacs qui se trouve déjà dans le camion).

2) marathon. Contrairement aux petites frappes de la poubelle occidentale, le poubelliste japonais ne monte pas sur le camion, il court à côté. Pendant toute la tournée.

3) saut de haie. Je remercie ici le poubelliste que j’ai vu accomplir cet exploit qui n’existait, croyais-je, que dans les films: pour éviter d’avoir à contourner une barrière, il a négligemment pris appui sur une main et passé ses deux jambes par-dessus.

Beau comme un camion

août 7, 2009 par adilor

Il faut venir dans l’archipel pour comprendre tout le sens de cette expression.

Je ne me lasse pas d’admirer les camions japonais, si sublimes de rutilance que leurs propriétaires doivent, à coup sûr, les astiquer quotidiennement à la brosse à dents et à la peau de chamois.

Le satori 2

août 4, 2009 par adilor

Cela faisait plusieurs jours que je m’interrogeais sur ces Pocket Monsters (ou plutôt Poketto Monsutaa) dont on voit en ce moment la pub partout dans le métro. Visiblement, le dernier truc de djeuns, dont je n’ai jamais entendu parler. Zut, 6 mois sans venir au Japon, et on ne connaît déjà plus rien.

Et puis hier soir, dans un moment d’acuité cérébrale intense, il m’est apparu que “Pokemon” pourrait faire une abréviation plausible.

Le satori

août 2, 2009 par adilor

Il y a un moment qui compte dans la vie de tout historien de la calligraphie.
C’est celui où l’on arrive enfin à retenir et prononcer Edafunayamakofunshutsudodaitômei.

Ikebukuro by night

août 2, 2009 par adilor

Ikebukuro, 20h30. Autour de moi, 32 millions de personnes.

Parmi elles, pour autant que je puisse en juger: pas une femme de plus de 40 ans, pas un couple de plus de 22, pas une femme mariée.

Le flux les apporta, le reflux les remporte

août 2, 2009 par adilor

On ne voit pratiquement jamais de vieux gaijin.

Des étudiants, pleinpleinpleinpleinplein.

Des jeunes travailleurs, titulaires du visa vacances-travail (moins de 30 ans), beaucoup.

Des chercheurs et post-doctorants (30-35 ans), à l’occasion.

Mais qu’advient-il donc de ceux qui ont passé la barre fatidique de la quarantaine????

NB: à l’autre bout de l’échelle, il est tout aussi rare de voir des gaijin enfants.